Posted on / by Capucine Coquand

« Uber pousse les VTC à agir de façon illégale »

TEMOIGNAGE. Chauffeur de taxis depuis 25 ans, Eric est engagé au sein de plusieurs organismes représentatifs de la profession. Il a notamment piloté le groupement « Montpellier Taxi Bleu Du Midi » dont l’objectif principal est la collecte et la redistribution des courses à l’ensemble de la flotte. Un système qui permet un mode d’attribution équitable des courses. Toujours membre du bureau de l’organisation, il prend aujourd’hui la parole pour témoigner de la concurrence déloyale imposée par Uber sur le terrain. 

 

En quoi la présence d’Uber se répercute-t-elle sur votre activité à Montpellier ?

Uber est très présent la nuit. Montpellier est, en raison de la présence d’un grand nombre d’étudiants, une ville qui connaît une activité nocturne importante. Sur cette activité, nous avons perdu environ 30 % de notre chiffre d’affaires. En journée, on note une baisse de 10 % à 15 % environ. 

 

Comment expliquez-vous cette influence d’Uber ? 

Sa puissance économique et financière a permis à Uber de lancer un plan de communication massif. L’entreprise a voulu faire croire aux Montpelliérains que l’offre d’Uber est moins chère que celle des taxis. Ce qui est faux. Nous récupérons souvent des clients qui n’ont pas réussi à commander un Uber. Ils se rendent alors compte que nous sommes moins cher. Seulement nous n’avons pas les moyens de communiquer. Nous n’avons généralement pas le budget nécessaire pour faire de la publicité. Et si nous en dégageons un, c’est d’abord pour améliorer notre présence sur Internet et imprimer des cartes de visites. 

 

En quoi les chauffeurs Uber ne respectent-ils pas la loi, selon vous ? 

D’abord, nous les voyons tous les jours marauder autour de la gare ou de l’aéroport. La loi GrandGuillaume, qui encadre l’activité des VTC, interdit pourtant la maraude électronique de façon très claire. La maraude est une prérogative qui appartient aux taxis. La loi prévoit aussi que les VTC doivent retourner à leur base entre deux courses. Ce qui n’est, à l’évidence, jamais le cas. Autres règles : Les VTC doivent afficher un macaron rouge et avoir une carte professionnelle. Mais les contrôles sont quasi inexistants, car la police ne connaît pas bien ces règlementation. 

 

Pourquoi participez-vous à l’action collective des taxis contre Uber ? 

Il faut bien comprendre que nous n’avons rien contre les VTC. Ils offrent aux utilisateurs une prestation de location de véhicule avec chauffeur. Nous ne faisons pas le même travail. Nos deux services sont différents et parfois complémentaires. Les VTC ont parfaitement le droit d’exister. Je pense par contre que Uber les fait entrer dans un système qui les pousse à l’illégalité et au non respect de la loi. Ceci, dans le seul but de faire fructifier la société. Uber utilise les VTC et les pousse à faire le même travail que nous. C’est une nouvelle forme d’esclavage. 

 

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