Posted on / by Capucine Coquand

« Le préjudice moral des taxis est énorme  »

Membre fondateur des taxis varois, Gérald est un des instigateurs de l’action collective menée contre Uber. Décidé à remporter la partie face au géant américain, il souhaite que cette bataille soit portée jusqu’au gouvernement pour le convaincre d’interdire la société sur le territoire français. 

 

Vous êtes un des instigateurs de l’action collective. Pour autant, vous n’êtes pas opposé aux VTC … 

Tout à fait. Notre groupement des taxis varois fonctionne un peu différemment des autres. Nous avons pris le parti de nous faire seconder par les VTC. Ces derniers correspondent à un service plus luxueux, et donc plus onéreux, que celui que nous proposons. Nous sommes donc complémentaires. Notre fonctionnement repose sur la volonté de travailler ensemble pour honorer nos courses et rester crédibles auprès de notre clientèle. J’invite d’ailleurs tous les groupements de taxis à fonctionner de la sorte. Cela permet non seulement à la corporation de garder la main sur son activité mais aussi de limiter le nombre de chauffeurs VTC sur un territoire donné. Nous tempérons le marché pour avoir un parc VTC qui soit juste suffisant. Mais c’est difficile, car tout est fait pour que le parc de VTC se développe en dehors de son marché naturel. Pourquoi ? Parce que les plateformes qui font appellent aux VTC (comme Uber) permettraient de lutter contre le chômage. Voilà pourquoi l’Etat ne fait rien pour encadrer cette pratique et pourquoi nous avons décidé de mener cette action collective. Pour nous défendre. 

 

Cela joue inévitablement sur le moral des chauffeurs de taxis…  

Le préjudice moral est énorme pour nous. Acquérir une licence est un aboutissement pour un taxis. C’est le prix de notre indépendance. La concurrence infligée par Uber a un impact sur notre vie professionnelle mais également sur notre vie personnelle. Pour compenser la perte de chiffre d’affaires que nous subissons, nous devons augmenter nos heures de travail. Les taxis ont investi à la fois du temps et de l’argent pour se retrouver finalement concurrencés de façon illégale et déloyale. 

 

Vous sentez-vous soutenus par les autorités publiques ? 

Le gouvernement a d’autres préoccupations. Nous sommes convaincus que cette action collective sera un succès et qu’elle nous permettra de nous faire entendre auprès du grand public et des médias. Nous irons ensuite toquer à la porte du ministre des Transports. Nous lui expliquerons que, pour sauver notre métier, nous sommes obligés de mener des actions en justice. Il faut que le gouvernement interdise non pas les VTC eux-même qui mènent une activité de transport de luxe tout à fait normale, mais ces plateformes qui utilisent les VTC de façon illégale. Nous voulons nous débarrasser de ce type d’entreprises qui a un impact négatif sur l’ensemble de la société. 

 

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